© Fabrice Abriel ©
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Talentueux et intelligent. S'il ne fallait retenir que deux adjectifs pour définir Fabrice Abriel, ce serait assurément ces deux-là. Samedi, sur la pelouse de la Beaujoire, les projecteurs de la Ligue 1 se sont enfin intéressés à lui. Pourtant, ses prestations lors des 21 premières journées de championnat avaient toutes été remarquables. Mais samedi, il y a eu quelque chose en plus. Un but magistral, son premier en L1, qui laissa pantois un ancien champion du monde. « Pour avoir joué pendant trois ans avec Oscar Ewolo à Amiens, je savais qu'il allait me mettre le ballon dans la profondeur, raconte-t-il. Et je savais aussi que j'allais plus vite que mon défenseur. Une fois la différente faite à la course, j'ai regardé le gardien. J'ai vu que Barthez était sur les talons. Ensuite, c'est de la réussite. Le ballon aurait très bien pu heurter la barre. » Geste parfait, mélange donc de talent et d'intelligence.
S'il y a quelqu'un qui n'est pas surpris par la saison d'Abriel, c'est bien Christian Gourcuff. Voilà de longues années qu'il le piste. Plusieurs fois, il a tenté d'obtenir ses faveurs. Aujourd'hui, il en est encore à se demander pourquoi Abriel a végété en Ligue 2 durant les six dernières saisons, tout en se frottant bien évidemment les mains de l'avoir convaincu, cet été, de rejoindre Lorient. « J'avais aussi deux grosses touches avec des clubs plus huppés, qui sont aujourd'hui des prétendants à la Ligue des champions. Mais j'ai tout fait pour venir à Lorient. Pour le jeu et pour le coach, je ne me voyais pas aller ailleurs. » Quelques mois plus tard, il confirme ne pas regretter son choix.
Concurrence saine, collectif soudé, jeu attrayant : voilà selon lui les qualités de Lorient. Rien à voir avec ce qu'il pense pouvoir trouver dans des clubs plus prestigieux. « Je suis passé par le Paris SG. Je sais comment cela fonctionne, que l'argent peut être un frein à l'efficacité. Dans les grands clubs, les joueurs ont plus de pouvoir que l'entraîneur. À Lorient, c'est la performance qui compte, et les rapports humains sont privilégiés. Lille est à part, car il y a encore de l'humilité. Et avec le turn-over de Claude Puel, tout le monde travaille. A Lyon, ils ont aussi de l'humilité, mais surtout des joueurs exceptionnels. Chacun travaille pour les autres. Résultat : cinq titres de champion. »
Quant au jeu proposé par Lorient, Fabrice Abriel annonce prendre beaucoup de plaisir. « On n'a pas les meilleurs joueurs à chaque poste, et aucun d'entre nous n'est exceptionnel au niveau du talent. Mais dans l'enthousiasme, on est parmi les meilleurs en France. Dans la durée, si on réussit à se maintenir comme ça dans le contenu de nos matches, en se montrant très rigoureux et disciplinés, on pourra aller chercher quelque chose. Mais on ne devra y penser qu'une fois le maintien acquis. » Un objectif désormais en très bonne voie.
Propos recueillis par R.P (ouest-france)